Les images donnent froid dans le dos. La démarche est vicieuse. Ceux qui passent ces commandes savent exactement ce qu’ils font.
Quand Victoria Vandeberg, députée fédérale et bourgmestre de Jalhay, a brandi à la Chambre une image d’elle-même générée par l’IA Grok d’Elon Musk, volontairement déshabillée et sexualisée, ce n’était ni une provocation ni un coup de communication. C’était un avertissement : « Cette image circule, choque, elle humilie, elle fait beaucoup de bruit et surtout, elle aurait pu être réelle. C’est précisément là que réside le danger. Aujourd’hui, n’importe quelle femme, n’importe quelle jeune fille peut perdre le contrôle de son image en un instant, la voir détournée, falsifiée, sans aucun contrôle sur ce qu’elle peut devenir.» a-t-elle rappelé. Et c’est précisément là que commence le danger.
Grok n’est pas un simple outil mal utilisé. En un clic, il exécute les fantasmes les plus pervers. C’est un système pensé, déployé et monétisé sans garde-fous sérieux, dans un climat idéologique où la violence sexiste est relativisée au nom d’une prétendue liberté d’expression Made in US. Sur X, tout le monde n’est pas concerné : ce sont les femmes, et surtout les filles. Des mineures.
Les chiffres sont accablants : des dizaines de milliers d’images générées, majoritairement de femmes, dont une part significative de mineures, légèrement vêtues ou dénudées, transformées en objets sexuels numériques. Ce n’est pas de l’innovation, c’est une industrialisation de l’humiliation et une déshumanisation automatisée des corps féminins. Elle est aussi l’outil idéal pour la pédocriminalité.
Il aura fallu une pression internationale pour obtenir des restrictions minimales.
Aujourd’hui, la génération d’images est réservée aux comptes payants et certaines fonctions sont bloquées géographiquement « là où la loi l’exige ». Autrement dit, la protection n’est ni universelle ni durable, et dépend davantage des contraintes juridiques locales que d’un choix éthique assumé. Les images produites auparavant continuent de circuler, sans réparation pour les victimes.
Jusqu’où va la liberté d’expression ? Chez Elon Musk, elle semble s’arrêter là où commencent les responsabilités, mais s’étendre dangereusement quand il s’agit de sexualiser les femmes et d’exposer les mineurs, à condition d’avoir payé un abonnement sur X.
Les Jeunes MR condamnent fermement, sans ambiguïté ni complaisance, ces dérives technologiques machistes et déshumanisantes qui piétinent le consentement, exposent les femmes et ouvrent une brèche intolérable à la pédocriminalité. Nous appelons à l’application rigoureuse du droit existant et à un renforcement immédiat des cadres légaux encadrant les technologies d’intelligence artificielle.