20260115 TEMPLATE ARTICLE-5-Image à la Une

Mercosur : l’agriculture européenne ne doit pas être bradée

Le 9 janvier 2026, une majorité (qualifiée) d’États membres de l’Union européenne a donné son feu vert au Conseil de l’UE afin de procéder à la ratification de l’accord UE-Mercosur. Cette avancée majeure dans un dossier vieux de 25 ans est loin de faire l’unanimité : oppositions politiques de gauche et de droite, désapprobation de l’opinion populaire et, surtout, des manifestations agricoles particulièrement intenses. Mais quels sont les termes de ce traité et qu’ont-ils pour conséquences sur le monde agricole de la Belgique francophone ? 

 

Qu’est-ce que le Mercosur ?

L’accord UE-Mercosur est un accord de partenariat entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Dans les grandes lignes, cet accord vise notamment à réduire les droits de douane et à faciliter l’accès aux marchés entre les deux parties, s’inscrivant ainsi dans une logique de rapprochement économique et stratégique avec l’Amérique du Sud. 

Pourquoi cela crée des tensions ?

Tout d’abord, de nombreux acteurs agricoles craignent une concurrence accrue sur des productions sensibles, notamment la viande bovine. Ils dénoncent également un sentiment de traitement inégal : les agriculteurs européens sont soumis à des normes hautement exigeantes quant à leurs productions, alors que les importations pourraient provenir de systèmes sud-américains de production moins contraignants. 

D’autre part, une partie du débat s’est focalisée sur l’impact indirect du Mercosur sur la déforestation – causée par une possible extension de certaines productions agricoles – et la cohérence climatique de l’Union européenne. Cette dernière a placé des garde-fous, notamment via le règlement dit “zéro déforestation”, mais dont la praticabilité réelle reste très incertaine.

Enfin, l’accord UE-Mercosur est devenu un symbole politique, illustrant pour beaucoup un décalage entre les ambitions commerciales et la réalité du terrain agricole. Cela alimente un sentiment de passage en force et transforme le débat sur la confiance citoyenne dans la décision publique.

Quel impact possible pour l’agriculture belge ?

En Belgique, les inquiétudes se concentrent principalement sur la pression potentielle sur les prix et sur la concurrence accrue dans des filières déjà sous tension, en particulier l’élevage. En effet, de nombreux acteurs de terrain redoutent qu’un afflux de produits à prix compétitifs n’entraîne une baisse des bénéfices agricoles. Il convient dès lors de préserver le revenu de nos agriculteurs, tout en exigeant de véritables garanties de réciprocité. 

La position des Jeunes MR 

Dans un contexte mondial instable, où les normes internationales semblent se redéfinir, l’Union européenne doit continuer à nouer des partenariats économiques forts de libre-échange, permettant à notre continent de rester une force mondiale majeure. 

Toutefois, le monde agricole ne doit pas faire office de variable d’ajustement de cette ouverture commerciale. Les Jeunes MR demandent des garanties concrètes de réciprocité et de protection du secteur agricole, particulièrement pour les filières sensibles. L’agriculture est un pilier d’autonomie essentiel de notre pays et pour notre continent.

 À l’aube de la mise en place effective de ce traité, il est urgent de baisser les charges et obligations administratives qui pèsent aujourd’hui sur les agriculteurs et agricultrices, afin de leur permettre de vivre dignement de leur travail et de se concentrer sur leur cœur de métier.

Arthur Watillon

Délégué Développement durable, Environnement, Bien-être animal, Energie, Mobilité et Logement

Tu as aimé ? Alors partage

Facebook
Twitter
LinkedIn

Toi aussi, deviens membre !