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Bruxelles : un gouvernement enfin formé après plus de 600 jours

Après 614 jours de blocage politique depuis les élections de juin 2024, la Région de Bruxelles-Capitale a enfin un nouveau gouvernement. Les négociations dirigées par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, pendant les trois jours de conclave ont permis de rassembler une majorité dans les deux collèges linguistiques.

Les négociateurs des sept partis, à savoir le MR, Anders. (ex-Open Vld), PS, Vooruit, Les Engagés, CD&V et Groen, ont conclu un accord politique jugé par tous ambitieux et équilibré.

La prestation de serment des nouveaux membres du gouvernement est attendue samedi matin, mettant fin à la période d’affaires courantes.

À l’heure actuelle, certains noms circulent du côté néerlandophone, notamment celui de Dirk De Smedt (Anders.) ainsi que celui de Elke Van den Brandt (Groen). En revanche, rien n’est encore officiel du côté francophone.

Le poste de ministre-président revient au MR, premier parti à Bruxelles après les élections régionales du 9 juin 2024 qui aura également un secrétaire d’état. 

Une certitude demeure toutefois au regard de la législation : du côté francophone, le gouvernement devra compter deux hommes et deux femmes ; du côté néerlandophone, au moins un homme et une femme devront être désignés. La règle prévoit en effet qu’il ne peut y avoir plus de deux tiers de personnes du même sexe dans chaque collège linguistique.

Que contient cet accord ?

L’accord se base sur un objectif prioritaire : rétablir l’équilibre budgétaire d’ici la fin de la législature, en 2029, pour stopper la dérive du déficit et restaurer la crédibilité financière de la Région.  Il prévoit un milliard d’euros d’économies, dont 80 % porteront sur la maîtrise des dépenses et 20 % sur l’optimisation des recettes.

Une région forte et bilingue

L’accord prévoit de moderniser l’administration bruxelloise en renforçant les services publics bilingues et en développant des formations linguistiques internes afin de garantir un service de qualité en français et en néerlandais. La maîtrise du néerlandais constitue également un atout pour l’employabilité à Bruxelles. Des dispositifs d’orientation et de formation, notamment via Actiris et des partenariats spécialisés, permettront d’améliorer l’accès à l’emploi des chercheurs d’emploi.

Pour soutenir ce bilinguisme, un masterplan sera mis en place. Il visera à faciliter l’apprentissage du néerlandais pour les agents de la fonction publique et à renforcer l’apprentissage des langues dans le cadre de la recherche d’emploi.

Cohésion sociale

Un plan global de lutte contre toutes les formes de violences sera mis en œuvre, avec une attention particulière portée aux violences intrafamiliales et à la protection des personnes LGBTQIA+. Des actions seront prises pour garantir que chaque habitant puisse se déplacer en toute sécurité, quel que soit le lieu ou l’heure. La ville sera organisée de manière à ce que les services essentiels soient accessibles en 10 minutes, tandis que des projets de revitalisation permettront de dynamiser les quartiers et de renforcer leur attractivité. Pour les familles monoparentales, des mesures viseront à lever les freins à l’emploi afin de faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Ces initiatives visent à construire un vivre-ensemble inclusif, sûr et accessible à tous.

Economie

Pour dynamiser l’économie et attirer de nouvelles entreprises, deux zones franches ont été créées. Dans ces zones, les entreprises bénéficient d’exonérations fiscales et de taxes, ce qui facilite leur installation et leur développement. Deux sites ont été ciblés : le port, qui constitue un atout stratégique pour relancer l’industrie lourde grâce à l’accès à l’eau, et le site Audi, afin d’éviter l’abandon d’un site industriel majeur. Bruxelles, tout en étant reconnue pour le tourisme, les loisirs et le secteur des services, conserve également un héritage industriel et scientifique important. Dans ce cadre, un plan d’action, dont plusieurs mesures ont été élaborées par le Centre Jean Gol, vise à faire de Bruxelles la capitale européenne de l’intelligence artificielle, en s’appuyant sur ses universités, son capital, son image et sa situation géographique stratégique.

Energie, Environnement, Climat

La concurrence sur le marché de l’énergie a été renforcée afin de permettre aux citoyens de réaliser des économies sur leur pouvoir d’achat et de rendre le marché à nouveau attractif. Le système de régulation a été profondément transformé, car les primes précédentes présentaient souvent des effets pervers. Près de 170 millions d’euros ont été déployés sous forme de prêts à taux zéro, permettant aux personnes qui n’ont pas la capacité financière d’isoler leur logement de le faire tout en responsabilisant cet investissement. Un plan Nature 2.0 a également été mis en place pour préserver la biodiversité et aménager les friches urbaines de manière équilibrée, contribuant à faire de Bruxelles une ville agréable où la nature peut se développer.

Logement et aménagement du territoire

Sur le logement et l’aménagement du territoire, un compromis a été trouvé concernant les grandes friches. Certaines zones (marais Wiels, plateau Avijl ou Donderberg) seront préservées, tandis que d’autres feront l’objet d’un moratoire de 18 mois (Keyenbempt, Calevoet, Josaphat et Meylemeersch) en attendant une réforme du PRAS climatique. Les projets déjà bien avancés, comme les Dames Blanches ou le Chant des Cailles, se poursuivront. La législature prévoit également la construction de plus de 1.000 logements publics supplémentaires pour répondre à la pression démographique.

 

Mobilité

Le plan Good Move disparaît.  Un nouveau plan de mobilité le remplacera progressivement avec une attention particulière à la mobilité douce, à la sécurité routière et à l’aménagement des quartiers, notamment autour des écoles et des zones résidentielles. Le projet de métro 3 est mis en pause, la Zone de Basses Émissions (LEZ) est maintenue, mais le régime des sanctions sera revu, avec un pass annuel de 350 euros pour les personnes qui ne peuvent changer de véhicule.  C’est la fin de la punition sociale !

Sécurité et propreté

La sécurité et la propreté seront renforcées autour des gares de Bruxelles-Midi et Bruxelles-Nord, grâce à une enveloppe de 10 millions d’euros, un renforcement de la présence policière et une attention particulière aux personnes en grande précarité, dans le but de restaurer l’ordre public et l’image de la capitale.  La malpropreté sera sanctionnée et les incivilités traquées.

Efficacité des services public

La coalition a souligné la nécessité d’une simplification des structures régionales, pour rendre l’administration plus efficace et moins coûteuse sans compromettre les services aux citoyens. Cette réorganisation vise à mieux coordonner les compétences et à réduire les doublons.

Social et santé

La première ligne de soins sera renforcée grâce à une approche de proximité par quartier, avec la mise en place de Médibus parcourant les quartiers les plus précarisés. À Bruxelles, une personne sur deux n’a pas de médecin de famille, et l’absence de proximité en matière de santé coûte davantage que l’investissement nécessaire à la prévention et au suivi. Ces initiatives permettront de diagnostiquer plus tôt, d’accompagner efficacement et de mettre en œuvre une véritable politique de santé publique, en redirigeant les moyens vers les publics qui en ont le plus besoin. Parallèlement, le renforcement du nombre de lits en santé mentale répond à l’augmentation des besoins et aux enjeux de santé mentale qui ont pris une place croissante dans le débat public. Ces mesures contribuent à faire de Bruxelles une capitale sociale et une capitale de la santé, où il fait bon vivre.

Travail

En matière d’emploi, Bruxelles affiche aujourd’hui le taux d’emploi le plus faible du pays, mais cela devrait évoluer. L’objectif fixé est d’atteindre 70 % de taux d’emploi d’ici 2030.  C’est l’un des marqueurs libéraux. Pour y parvenir, l’activation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi sont réformés, sur le modèle des mesures mises en œuvre au niveau fédéral. Les délais de suivi auprès d’Actiris sont raccourcis, et le suivi en termes de sanctions, d’accompagnement et de formation est renforcé. Un bilan de compétences devient obligatoire, accompagné d’un bilan linguistique. Tout demandeur d’emploi ne maîtrisant aucune des deux langues de la région doit suivre une formation linguistique, tandis qu’une formation professionnelle est imposée si le bilan de compétences le juge nécessaire. Ces mesures visent à offrir à chaque demandeur d’emploi les outils pour retrouver rapidement un emploi durable.

Soutien économique et fiscal

Un soutien économique et fiscal est également prévu pour la classe moyenne. L’additionnel régional à l’impôt des personnes physiques sera réduit de 1 %, le plafond de l’abattement sur les droits d’enregistrement pour l’unique habitation propre sera porté à 800.000 euros, la prime Be Home sera doublée, et les primes Renolution disparaîtront au profit de prêts à taux zéro. L’objectif est de favoriser l’accession à la propriété tout en simplifiant les aides existantes.

Représentation institutionnelle

L’accord garantit en outre une représentation solide au sein du collège néerlandophone, un élément essentiel de l’équilibre institutionnel bruxellois.

 

Ce gouvernement représente une opportunité de mettre en œuvre des réformes responsables, de restaurer la confiance dans la gestion publique et de proposer des solutions concrètes pour les Bruxelloises et les Bruxellois. Le libéralisme revient au premier plan à Bruxelles après 22 ans dans l’opposition.

 

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