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Génération Engagée : une clarification nécessaire

La fin de la nuance chez Génération Engagée ?

La question mérite aujourd’hui d’être posée : Génération Engagée est-elle encore une organisation de jeunesse centriste ?

Les prises de position récentes de Génération Engagée, et en particulier leur dernière sortie très critique à l’encontre du président du MR, Georges-Louis Bouchez, interrogent sur l’évolution de leur ligne politique.

Dans cette publication, Génération Engagée accuse le MR de complaisance à l’égard de l’extrême-droite, tout en relativisant certaines dérives liées à des mouvements se réclamant de l’antifascisme. Génération Engagée présente par ailleurs l’antifascisme comme un « devoir démocratique », laissant entendre que dénoncer certaines violences ou intimidations reviendrait à servir l’extrême-droite.

Cette approche traduit une vision profondément binaire : d’un côté les “bons”, de l’autre les “mauvais”.
Toute nuance devient suspecte. Toute contradiction est disqualifiée moralement.
Étrange pour les garants autoproclamés de la nuance.

La démocratie ne se défend pas par la disqualification morale ou la pression idéologique. Elle se défend par le débat, la contradiction et le respect du pluralisme.

Il va de soi que l’extrémisme de droite constitue un danger réel, en Belgique francophone comme partout en Europe. Les Jeunes MR, en tant que libéraux, se sont toujours battus du côté des démocrates, sans ambiguïté.
Dès 2024, les Jeunes MR ont clairement annoncé qu’ils n’accepteraient aucun ancien membre du parti d’extrême-droite “Chez Nous” en leur sein. Cette ligne a été maintenue sous la nouvelle présidence, et elle ne changera pas.

Néanmoins, ne pas reconnaître qu’il existe, à l’encontre du MR et de sa jeunesse politique, une violence réelle provenant de l’extrême-gauche, est malhonnête.
Si l’on dénonce l’un, on dénonce l’autre.
Si l’on combat l’un, on combat l’autre.

Certaines formes de radicalité, notamment à gauche, sont aujourd’hui particulièrement visibles dans l’espace public. De nombreux militants du MR et des Jeunes MR peuvent en témoigner : insultes, intimidations, menaces ou tentatives de perturbation de réunions font malheureusement partie de leur réalité.

Du campus du Solbosch à Bruxelles à la place du XX Août à Liège, les exemples sont connus et documentés.

Ces phénomènes constituent un signal d’alerte pour le bon fonctionnement du débat démocratique. Les minimiser ou les relativiser au nom d’une prétendue supériorité morale n’est pas responsable. C’est, selon nous, une erreur politique.

Contrairement à ce qu’affirme Génération Engagée, la lutte contre les extrémismes ne peut se mener à géométrie variable. Elle ne consiste pas à désigner un ennemi unique tout en accordant des indulgences idéologiques à ceux qui se réclament du « bon camp ».

La gauche n’a pas le monopole du cœur.
Et l’antifascisme ne peut en aucun cas servir de justification à la violence, à l’intimidation ou à la censure.

Cette évolution idéologique semble aujourd’hui assumée par plusieurs organisations de jeunesse de gauche. Le soutien explicite du Mouvement des Jeunes Socialistes à la tribune de Génération Engagée en est une illustration. Ce n’est plus un hasard. C’est un alignement.

Il est également interpellant de voir Génération Engagée invoquer les rapports de l’OCAM tout en en proposant une lecture partielle. Ces rapports rappellent clairement que la menace djihadiste demeure la principale menace terroriste en Belgique, visant notamment la communauté juive, les autorités publiques, les forces de sécurité et le socle même de notre vivre-ensemble démocratique.

On peut débattre de la hiérarchie des risques.
Mais on ne peut pas réécrire les rapports publics.

Dès lors, une question de cohérence se pose. Que signifie, pour une organisation de jeunesse, adopter des grilles de lecture très marquées à gauche tout en s’inscrivant dans un parti qui gouverne aujourd’hui au centre et centre-droit, héritier d’une tradition issue de la démocratie chrétienne, et donc fondée sur l’équilibre, la responsabilité et le compromis démocratique ?

Cela traduit une difficulté à clarifier son positionnement politique. Et cette ambiguïté alimente une confusion dommageable pour le débat public.

Comme le rappelait Pier Paolo Pasolini :
« Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle antifascisme. »

La jeunesse belge ne se reconnaît pas dans les tribunaux idéologiques des réseaux sociaux. Elle attend du fond, des propositions concrètes et une véritable colonne vertébrale politique.

Aux Jeunes MR, nous resterons fidèles à une ligne claire : défendre une démocratie exigeante, pluraliste et ouverte au débat, et combattre les extrémismes de droite comme de gauche, sans complaisance ni double standard.

Victoria t’Serstevens, Membre des Jeunes MR & Cédric De Buf, Président national des Jeunes MR

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