Quand j’étais enfant, le Parti socialiste occupait une place centrale dans la vie politique de ce pays. Malgré les nombreuses affaires qui ont jalonné son histoire, il restait un parti qui proposait du fond, des idées et une certaine vision du pouvoir et de l’État.
Adolescent, puis jeune adulte, j’ai toujours considéré le PS comme notre meilleur ennemi. Un parti que l’on combat avec force, mais qui méritait le respect par son histoire et par l’ancrage qu’il a longtemps eu dans la société belge.
Depuis l’avènement de l’Arizona et l’opposition caricaturale proposée par le Parti socialiste, ce respect s’est effrité. Depuis ce week-end, il ne reste plus que déception et malaise.
Utiliser l’affaire Epstein pour attaquer un ancien gouvernement belge démocratiquement élu, ce n’est pas de la politique. C’est du sensationnalisme. C’est de la manipulation émotionnelle. C’est une tentative grossière de détourner le regard des électeurs du vide politique qu’ils incarnent aujourd’hui.
Derrière cette publication, il n’y a pas qu’un slogan racoleur ou un visuel choc. Il y a surtout des milliers de jeunes filles, souvent mineures, violées, abusées, détruites par un prédateur sexuel et son réseau. Les utiliser comme levier de communication est profondément malsain.
Utiliser le diable en personne comme titre racoleur afin de discréditer le Gouvernement Michel relève d’une ignominie sans nom.
Jusqu’à preuve du contraire, aucun des cinq partis de la Suédoise, aucun membre de cet ancien gouvernement, n’a le moindre lien avec l’affaire Epstein.
Aucun fait.
Aucune preuve.
Aucune implication.
Le seul « lien » avancé par le PS repose sur une vantardise de Steve Bannon adressée à Jeffrey Epstein. Un récit invérifiable, sans aucun lien de causalité démontré, transformé en vérité politique.
La réalité est pourtant simple : la N-VA a quitté la coalition après la décision du Premier ministre Charles Michel de ratifier le Pacte de Marrakech. Un désaccord politique. Assumé. Documenté. Réécrire l’histoire ne la rendra jamais vraie.
Cette communication surprend d’autant plus qu’elle émane d’un parti qui a, par le passé, été confronté à des affaires judiciaires graves impliquant certains de ses responsables, dont certains ont été condamnés. Notamment un député wallon condamné pour outrage public aux mœurs, dans une affaire portant sur des faits commis dans un lieu public en présence de mineur, sur l’aire d’autoroute de Spy.
Lorsqu’on connaît l’exigence morale que de tels dossiers imposent, instrumentaliser l’horreur à des fins politiciennes devrait appeler à davantage de retenue.
En tant que militant libéral, je dénonce fermement ces méthodes employées par notre adversaire historique.
En tant que Président des Jeunes MR, je dénonce aussi le silence assourdissant des Jeunes Socialistes. Soit, ils n’osent pas dénoncer l’indéfendable. Soit, ils cautionnent cette stratégie de communication, ce qui ne serait guère surprenant au vu de la radicalisation et de l’affaissement intellectuel d’une partie de la jeunesse de gauche.
Toutes les études, tous les sondages le montrent : les citoyens se détournent de la politique, s’en méfient et, parfois, en sont dégoûtés. Comment pourrait-il en être autrement face à de telles polémiques artificielles et indécentes ?
Quand on n’a plus d’idées, on provoque.
Quand on n’a plus de vision, on choque.
Quand on n’a plus de fond, on salit.
Désormais, Paul Magnette et ses camarades osent tout. Et c’est à cela qu’on les reconnaît.
Au moins, nous sommes désormais fixés sur la nouvelle ligne politique d’un PS qui se dit en pleine refondation. Un « nouveau » PS qui prétend lever les tabous et qui semble surtout avoir renoncé à toute exigence éthique. Merci d’avoir dévoilé votre nouveau visage au grand jour.
On peut tout contester en politique. On peut tout débattre.
Mais on n’a pas le droit d’utiliser la souffrance des victimes d’abus sexuels comme carburant électoral.
Jamais.
