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Le Cliquet Inversé : On tire le vrai du faux

En Belgique, le débat autour du cliquet inversé sur les produits pétroliers révèle une véritable fracture politique.

Il faut dire les choses clairement : refuser le cliquet inversé est politiquement confortable, mais économiquement irresponsable. Pourquoi ? Parce que cela revient à baisser les taxes lorsque les prix explosent… Sans prévoir comment ces pertes pourraient être compensées ensuite. Or, quand l’État réduit les accises sur les carburants en période de crise, ce sont des milliards d’euros qui disparaissent des caisses publiques. Et ces milliards doivent bien être récupérés quelque part : soit par davantage de dette, soit par d’autres impôts. Autrement dit, ce que certains présentent comme un « cadeau » aux citoyens aujourd’hui devient une facture reportée à demain.

La logique est pourtant simple à comprendre. Tout responsable politique souhaite être réélu. Dès lors, il serait facile de baisser drastiquement le prix du carburant à court terme. Mais lorsque viendra le moment de payer la facture, ce sont les citoyens qui devront assumer, notamment via leurs impôts.

Le cliquet inversé, défendu par le MR, repose au contraire sur un principe simple : la responsabilité. Oui, il faut aider les citoyens lorsque les prix à la pompe deviennent insoutenables. Mais non, cette aide ne doit pas devenir permanente si les conditions du marché s’améliorent. Prenons un exemple concret : le prix du litre grimpe à 2,10 €, l’État intervient et le ramène à 1,85 € en réduisant les taxes. Si le marché redescend ensuite, par exemple à 1,60 €, le cliquet inversé permet de réintroduire progressivement une partie des taxes, afin de stabiliser le prix autour de 1,70 € ou 1,75 €. Résultat : le consommateur reste gagnant par rapport à la crise, tout en permettant à l’État de récupérer une partie de ses moyens d’action.

Ce que certains refusent d’admettre, c’est que l’argent public n’est pas illimité. Leur position consiste à dire : on baisse, mais on ne remonte jamais. C’est une logique de court terme, qui évite les décisions impopulaires mais fragilise les finances publiques. À long terme, cela peut conduire à des choix bien plus douloureux : coupes budgétaires, hausse d’autres taxes ou affaiblissement des services publics. Et, au final, ce sont bien les citoyens qui en paient le prix.

À l’inverse, la position du MR est plus cohérente : elle reconnaît que l’économie fonctionne par cycles et que les politiques publiques doivent s’y adapter. Le cliquet inversé n’est pas une « taxe cachée », comme certains le prétendent, mais un mécanisme d’ajustement intelligent. Il permet d’éviter les effets yo-yo des prix, de donner de la visibilité aux citoyens et aux entreprises et, surtout, de garantir que les aides exceptionnelles restent… exceptionnelles.

Au fond, ce débat dépasse largement la question du carburant. Il pose une question essentielle : souhaite-t-on continuer à faire de la politique avec des promesses faciles, ou accepter une gestion sérieuse et transparente ? Le gouvernement fait le choix de la responsabilité économique, là où d’autres entretiennent une illusion coûteuse. Dans un contexte budgétaire de plus en plus tendu, cette différence de vision pourrait bien devenir décisive.

David Cioponea, Délégué Emploi, Entrepreneuriat, Économie et Fiscalit

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