Le vapotage s’est imposé en Belgique comme un sujet de santé publique majeur. Présentée comme une alternative moins nocive à la cigarette, la vape attire surtout les jeunes, tout en restant liée, dans la majorité des cas, à un parcours déjà marqué par le tabac. Chez les 15-20 ans, la Fondation contre le Cancer a observé que 35% avaient déjà essayé le vapotage, 32% l’avaient utilisé au cours de l’année et 16% en faisaient un usage actuel.
Cette évolution confirme que la vape n’est plus un produit de niche. Elle s’est installée dans les usages de jeunes adultes et d’adolescents, avec une présence marquée dans les catégories les plus jeunes.
Un usage lié au tabac
Les données belges montrent que la cigarette électronique ne remplace pas toujours la cigarette classique; elle s’y ajoute souvent. D’après Sciensano, 88,4% des vapoteurs avaient déjà fumé du tabac avant de commencer la vape, et 75,5% fumaient encore au moment de l’enquête. Cela signifie que, pour beaucoup, le vapotage s’inscrit dans une logique de dépendance à la nicotine plutôt que dans une rupture totale avec le tabac.
La Fondation contre le Cancer observe aussi que les raisons de vapoter varient selon l’âge. Chez les plus de 20 ans, l’e-cigarette est surtout perçue comme une aide pour arrêter de fumer, alors que chez les 15-20 ans elle apparaît davantage comme un usage de découverte ou de socialisation.
La santé des adolescents
Sur le plan médical, les études convergent sur un point: vapoter n’est pas sans risque. L’Anses rappelle que l’absence de combustion ne supprime pas l’exposition à des substances nocives, et que les effets sanitaires peuvent concerner les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et, potentiellement, le risque de cancer.
Chez les adolescents, le danger est renforcé par la présence de nicotine dans la plupart des vapes. Cette substance peut nuire au développement du cerveau, encore en maturation jusqu’à environ 25 ans, et affecter l’attention, l’apprentissage, la mémoire et le contrôle des impulsions.
Tabac et vape, même logique
Derrière la montée de la vape, les groupes de tabac ont développé une stratégie bien rodée. Leur discours officiel insiste sur la « réduction des risques » et la transition vers un « avenir sans fumée ». En Belgique, Philip Morris Benelux défend ainsi l’idée que ses produits alternatifs s’adressent aux adultes.
Mais les analyses indépendantes montrent que cette communication sert à reconfigurer l’image de l’industrie. Les grands groupes commercialisent des cigarettes électroniques et des comme solutions de transition vers la cigarette.
Interdiction ou régulation
Le débat oppose interdiction stricte pour protéger les jeunes et régulation pour éviter contrebande et marché noir. La Belgique a interdit les cigarettes électroniques jetables depuis janvier 2025 et renforce les contrôles, mais on en trouve toujours avec des produits qui ne sont pas contrôlés et souvent plus nocifs.
Moins nocive que la cigarette, la vape n’en reste pas moins un piège à nicotine dont les effets à long terme inquiètent de plus en plus.

Martin De Meulemeester
Délégué Jeunesse, Enseignement, Vie étudiante, Santé et Affaires sociales