Le dimanche 13 septembre se sont tenues les élections législatives en Suède. Comme tous les quatre ans, les suédois ont voté pour renouveler les 349 membres du Riksdag, le Parlement monocaméral.
Deux blocs politiques se faisaient face :
Le bloc « de gauche », mené par Magdalena Andersson (Présidente des Sociaux-Démocrates) composé : des Sociaux-Démocrates, du Parti de gauche (gauche radicale), des Verts, et du Parti du centre.
Le bloc « de droite » mené par le Premier ministre démissionnaire Ulf Kristersson et composé de la majorité sortante, c’est-à-dire : les Modérés (conservateurs), les Chrétiens-démocrates, Les Libéraux et les Démocrates de Suède (extrême-droite)
Résultats :
Ces élections ont été ultra-serrées. Le bloc de gauche l’emporte de peu avec 176 sièges contre 173 sièges pour le bloc de droite.
À la suite de ces résultats, le Premier ministre Ulf Kristersson a annoncé sa démission et la présidente des Sociaux -démocrates a été chargée par le président du Parlement de former un gouvernement.
Quels ont été les principaux thèmes et débats de ce scrutin ?
1. Le pouvoir d’achat et le coût de la vie.
Les Modérés (conservateurs) ont notamment défendu des baisses d’impôts pour augmenter le revenu disponible, et les Sociaux-démocrates ont insisté sur l’emploi et le renforcement des services publics.
2. La santé et la protection sociale
La santé a été un thème important face à certaines préoccupations, comme les délais d’attente pour voir un médecin, le manque de personnel (infirmières, aides-soignantes), et l’accès aux soins.
3. La sécurité
La violence liée aux gangs dans les grandes villes reste une préoccupation majeure. Les Modérés ont notamment présenté la lutte contre le crime organisé comme un élément central de leur bilan.
4. L’immigration et l’intégration
C’est un sujet qui avait été particulièrement présent lors des précédentes élections il y a quatre ans, il est resté important mais moins dominant dans cette campagne. Magdalena Andersson (Sociaux-Démocrates) a elle-même adopté une ligne plus restrictive, à l’instar de son homologue danoise, afin d’endiguer l’érosion de son électorat ouvrier, tenté de rejoindre les Démocrates de Suède.
Analyse
Quelques éléments méritent d’être soulignés :
– La droite n’a pas su assez capitaliser sur son bilan, pourtant positif, en matière de lutte contre la criminalité pour gagner les élections ;
– Contexte économique : En trente ans, la Suède est passée d’une dette proche de 70 % du PIB au milieu des années 1990 à 35% du PIB aujourd’hui grâce à plusieurs mesures libérales (gel des dépenses de l’État, réforme structurelle des pensions, réformes favorables à la croissance, …).
– L’alliance avec les Démocrates de Suède (extrême-droite) a potentiellement été un épouvantail pour certains électeurs modérés ;
– Les sociaux-démocrates ont réalisé leur plus mauvais score depuis un siècle mais cette perte a été compensée par la progression de leurs alliés : le Parti de gauche, les Verts et les Centristes.
– Pour la première fois l’extrême-droite recule aux élections (de 20,5% à 17,5%) ;
– Le plus dur reste à faire pour Magdalena Andersson qui doit former un gouvernement avec des partis de gauche et centre-gauche fort divisés. Le Parti de gauche (gauche radicale) exige des postes ministériels dans le prochain gouvernement alors que le Parti du Centre refuse catégoriquement cette option. Magdalena Andersson serait elle-même réticente à faire entrer le Parti de gauche au gouvernement, de nombreuses révélations durant la campagne ont fait état d’élus du parti ayant tenu des propos jugés antisémites.

Victor Bernier
Membre Jeunes MR
