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Iran : le sang de ton peuple ne coulera pas en vain

Depuis plusieurs jours, le régime des mollahs en Iran intensifie une répression brutale et systématique contre sa propre population. Les manifestations, portées par une population assoiffée de liberté et surtout par des femmes qui refusent de se soumettre à l’oppression, sont violemment étouffées. Arrestations arbitraires, coupures d’Internet, usage d’armes de guerre contre des civils, exécution, et le sang coule dans les rues iraniennes. Face à cette violence assumée, une chose est claire, le silence n’est pas une option. Se taire, c’est accepter. Se taire, c’est cautionner.

La situation actuelle de l’Iran s’inscrit dans une trajectoire historique amorcée par la Révolution islamique de 1979, qui mit fin au régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi pour instaurer une République islamique fondée sur un pouvoir théocratique concentré entre les mains du clergé chiite et, en dernier ressort, du Guide suprême. Derrière une façade institutionnelle se revendiquant démocratique, le véritable pouvoir est confisqué par une élite religieuse extrémiste qui gouverne depuis près de cinquante ans par la peur, la répression et la restriction systématique des libertés individuelles et collectives, avec une attention particulière portée au contrôle des femmes.

Sur le plan international, l’attitude ouvertement hostile du régime envers l’Occident, sa volonté assumée d’anéantir Israël, son programme nucléaire à dimension militaire et son soutien à des groupes terroristes régionaux ont conduit à l’imposition de sanctions lourdes par les États-Unis et l’Union européenne. Si ces sanctions visaient à contenir l’appareil répressif et militaire du régime, elles ont également contribué à l’isolement de l’économie iranienne. Inflation massive, effondrement du rial, pénuries d’essence et d’eau, corruption endémique des Gardiens de la Révolution, qui contrôlent une part majeure de l’économie nationale, et appauvrissement généralisé de la population en sont les conséquences directes. Le pays n’est pas au bord du gouffre, il est déjà au fond.

À cette crise économique s’ajoutent un isolement diplomatique sans précédent et un affaiblissement stratégique du régime, accentués par la perte de ses relais régionaux et par les affrontements récents, notamment la guerre de 12 jours en 2025 et les frappes ayant visé des infrastructures clés de son appareil de dissuasion. Sur le plan intérieur, la rupture entre le régime et la société est désormais manifeste. Les femmes, la jeunesse, les minorités ethniques, religieuses et sexuelles subissent une oppression systématique. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté », déclenché après l’assassinat de Mahsa Amini, a marqué un tournant durable dans la contestation.

Pour la première fois depuis 1979, des slogans appelant explicitement à la chute du Guide suprême et à la fin de la République islamique sont scandés massivement, y compris dans des villes historiquement acquises au régime. Le peuple iranien ne demande plus de simples réformes. Il réclame la liberté. Malgré la répression, malgré la peur, malgré la mort, il refuse de se soumettre.

Le régime a tout pris à sa population, l’économie, les libertés, la sécurité et toute perspective crédible d’avenir. Sa doctrine régionale fondée sur la menace, la dissuasion nucléaire et l’action par procuration a échoué. Son appareil répressif, loin de garantir la stabilité, révèle aujourd’hui sa fragilité structurelle et l’érosion profonde de sa légitimité, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Face à cette situation, la Belgique et l’Union européenne ne peuvent se contenter de déclarations de principe. Une réponse politique ferme, cohérente et crédible s’impose. Cela implique notamment l’inscription des Gardiens de la Révolution et des Bassidjis sur la liste des organisations terroristes, y compris au niveau européen, le renforcement de sanctions financières ciblant les responsables politiques, sécuritaires et économiques du régime, des mesures contre les institutions finançant indirectement l’appareil répressif, la convocation des représentants diplomatiques iraniens et, lorsque possible, la fermeture des ambassades, la saisine des juridictions internationales compétentes, ainsi qu’une condamnation claire, répétée et sans ambiguïté de la répression. Toute discussion visant à un allègement des sanctions ou à un nouvel accord nucléaire doit être suspendue tant que le régime poursuit la violence contre son propre peuple.

Les Jeunes MR refusent l’indifférence face à un régime terroriste qui réprime et tue son propre peuple, face à la répression, le silence n’est pas une option. Nous refusons toute forme de relativisme face à un régime qui massacre sa population, opprime ses femmes et nie les libertés fondamentales. Soutenir le peuple iranien, c’est défendre les valeurs de liberté, de dignité humaine et de démocratie qui fondent notre engagement politique. Se taire aujourd’hui serait trahir ces valeurs. Nous choisissons de parler. Nous choisissons de soutenir. Nous choisissons la liberté.

Texte coécrit par: Kamel Joy, Olivier Humblet, Raphaël Heymbeeck, Lucas Ablotia

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