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Iran : Retour sur la mort d’Ali Khamenei

Je rêve d’un monde où plus aucune femme ne devra payer de sa vie les coups d’une police religieuse, simplement parce qu’elle n’aurait pas porté son voile correctement. J’espère désormais que le rêve commun de toutes celles et tous ceux qui pleurent la mort de Mahsa Amini et de toutes ses sœurs sera celui-ci : un Iran libre et démocratique. Et le plus tôt sera le mieux.

Les manifestations, durement réprimées, ont d’ailleurs démarré en raison de l’incapacité du régime en place à enrayer une inflation galopante et à fournir une alimentation stable en eau potable, préférant orienter ces capitaux dans le soutien au terrorisme menaçant directement la sécurité au Moyen-Orient et dans le monde.

En cela, l’Iran était devenu une civilisation millénaire maintenue captive sous le joug d’une Révolution islamique qui n’a heureusement jamais pu dépasser ses propres frontières.

Qu’on le veuille ou non, la menace nucléaire entre les mains d’un gouvernement dirigé par une des formes les plus obscures de l’islam politique apparaît en filigrane des troubles agitant actuellement l’Iran et qui ont jusqu’ici culminé avec la mort de l’Ayatollah Khamenei.

Ce que l’intérêt général doit comprendre, c’est que l’ensemble de ce débat a lieu plus de 10 ans après la ratification d’un Accord international (le JCPOA, dit « Accord sur le nucléaire iranien, réunissant l’Iran bien sûr, mais aussi l’UE, l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Russie et le Royaume-Uni). Cet Accord, depuis lors dénoncé par les Etats-Unis, était destiné à permettre à l’Iran de profiter d’une baisse des sanctions internationales en échange d’une transparence sur les finalités de son programme nucléaires.

En effet, pour utiliser le nucléaire à des fins civiles, donc au service de sa population, il n’est uniquement nécessaire d’enrichir la matière première (souvent l’uranium) qu’à hauteur de 5%. Or, selon des rapports de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique), l’Iran disposait, en 2025, d’environ 409 kg d’uranium enrichi à 60%… Quel intérêt pour un Etat, pourtant signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (lui interdisant de se doter de l’arme suprême), d’enrichir à ce point une telle quantité d’uranium vers des standards militaires… si ce n’est précisément de tout mettre en œuvre pour se doter de l’arme atomique ?

Comme le dit un proverbe japonais, « le clou qui dépasse le marteau ». Face à un dictateur potentiellement prêt à ordonner l’emploi de la force nucléaire au nom de sa foi, le Ministre des Affaires Etrangères belge, Maxime Prévôt lui-même, déclarait « qu’il fallait comprendre la position américaine face à l’échec des négociations directes sur le programme nucléaire iranien ».

L’auteur allemand Carl Von Clausewitz décrivait d’ailleurs l’utilité de la guerre dans les relations internationales ce cette manière : « La guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens ».

On peut donc bien entendu déplorer, et je dirais même qu’on doit déplorer, qu’il faille recourir aux forces armées plutôt qu’à la diplomatie afin de protéger les relations internationales de dangers potentiels.

Comme le rappelle très souvent Georges-Louis Bouchez, Président du MR, le droit international actuellement en vigueur tel qu’on le connait est né en 1945 après la Seconde Guerre Mondiale. Et dans le bal des dictateurs, la Russie et la Chine, deux membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, en sont les chefs d’orchestre.

Le droit international doit certainement évoluer, et pas seulement parce qu’obtenir un mandat de l’ONU en vue d’une intervention humanitaire n’est plus possible. Mais bien pour éviter que la guerre ne redevienne l’unique moyen de règlement des conflits au détriment du bon vieux multilatéralisme.

En d’autres termes, si le droit international devait toujours primer dans les relations entre pays amis et qui se respectent ou non, il ne devrait probablement jamais constituer le mirage de respectabilité derrière les pires dictateurs se cachent pour opprimer leurs propres peuples.

Il est à cet égard parfaitement troublant de constater le vacarme dans lequel une certaine gauche ont déploré les attaques américano-israéliennes contre l’Iran et leur modération depuis l’annonce de la mort de Khamenei. Car cette même gauche est la seule qui va davantage déplorer l’illégalité des actions militaires entreprises que la mort d’un dictateur. Vous me direz, c’était la même chose en ce qui concerne la capture de Maduro.

Cette même gauche qui était diamétralement plus nombreuse à soutenir la population gazaouie (ce point est parfaitement légitime) plutôt qu’être aux côtés de la population iranienne.

Les Jeunes MR ont depuis toujours institué  la liberté  comme valeur centrale de leurs actions. En définitive, ces dramatiques développements ne concernent ni plus ni moins que de la liberté du peuple iranien et la possibilité d’être libre en Iran.

Mahsa Amini fut un exemple très médiatisé de l’horreur quotidien d’être soumis au joug des Mollahs, que l’humanitaire Belge Nicolas Vandecasteele a connu jusque dans sa chair. Notre message est donc clair : si cet angélisme animé à des fins électorales, à l’égard des dictatures et des obscurantismes, et ce uniquement en raison de l’identité des agresseurs, ne cesse pas dans le chef de certains, de tels exemples se reproduiront encore. Les Libéraux, quant à eux, continueront toujours à œuvrer ensemble pour ramener la lumière dans l’avenir des iraniens, dans et hors de leur pays.

Garry Moës

Délégué Justice, Intérieur, Sécurité, Défense et Protection des libertés individuelles

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