Depuis le 22 octobre, des militants du mouvement « occupation autonome ULB » occupent sans autorisation le bâtiment P1 du campus du Solbosch. Dans une vidéo publiée par Miguel Urdiain, on voit de nombreuses dégradations et des tags sur l’ensemble des murs : « Un flic à une balle », « mort a Israël, mort au rois », « justise sociale », ainsi que des ouvrages tentant de justifier les attaques du Hamas contre Israël (orthographe d’origine respectée).
Rien ne peut justifier de tels actes. La colère, le ressentiment et l’engagement militant ne légitiment pas la destruction de biens appartenant à l’université, dans un lieu aussi important. En tant qu’étudiant de l’ULB, j’ai honte de voir ce que devient mon université, fondée sur l’esprit critique et le libre examen. Nous assistons aujourd’hui à la remise en cause brutale de valeurs communes. Quand une université, lieu d’émancipation, de travail et, à l’ULB, de rejet de l’argument d’autorité, se retrouve salie et dégradée, c’est une attaque directe contre la société tout entière.
Le P1 est le bâtiment où se donnent les cours de langues. La note interne d’ULB Langues, communiquée à la presse, indique clairement que les cours ne pourront plus y être dispensés pendant le premier quadrimestre. Dans une université de plus en plus peuplée, où l’espace commence à manquer, rendre un bâtiment inutilisable est tout simplement honteux. Les premières victimes sont les étudiants, censément protégés par les occupants. Sacré paradoxe…
Il faut aussi souligner la réaction de l’ULB : il a fallu attendre deux semaines pour qu’elle pose des conditions et émette un ultimatum aux occupants. Elle avait pourtant déjà connu ce type d’occupation en 2024, avec le bâtiment B, dont les dégâts ont été estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros. Il est grand temps que les instances universitaires cessent de se laisser marcher dessus. Il en va de l’intérêt de tous les étudiants, des professeurs et du personnel.
L’université de Verhaegen sert aujourd’hui de bastion à des opposants au dialogue. Lorsque des journalistes de BX1 se sont rendus sur place, l’un des caméramans aurait vu son matériel endommagé par les occupants. Une telle hostilité envers la presse n’a pas sa place dans une société démocratique, et encore moins dans une université.
J’ai déjà eu l’occasion de me positionner, à titre personnel, sur cette polarisation extrême et sur la mainmise de certains groupes sur la liberté de pensée à l’ULB. En tant que président du Cercle des Étudiants Libéraux de l’ULB, doyenne des associations étudiantes, nous subissons chaque jour des attaques contre notre positionnement politique. Le pluralisme est affaibli, mais nous ne le laisserons pas mourir, ni aujourd’hui, ni demain.
Jamyson MARRET VAN GOIDSENHOVEN
Membre du GT Jeunesse, Enseignement, Vie étudiante, Santé et Affaires sociales