Depuis la prise de pouvoir par les talibans en août 2021, la situation des femmes en
Afghanistan a radicalement changé, régressant de plusieurs décennies. Alors que les
années précédentes avaient vu des progrès notables dans les domaines de l’éducation,
du travail et de la participation publique, ces acquis sont désormais sérieusement
menacés, voire en grande partie détruits. Les femmes afghanes sont confrontées à des
restrictions sévères, les privant de leurs droits fondamentaux et les renvoyant à un état
de soumission et d’exclusion de la vie publique.
- L’accès à l’éducation : Un droit anéanti
Avant le retour des talibans, les femmes et les filles afghanes avaient fait des progrès
significatifs dans le domaine de l’éducation. Selon l’UNESCO, environ 3,5 millions de
filles étaient scolarisées en 2021, et les femmes représentaient environ 20 % des
étudiants universitaires. Cependant, sous le régime taliban, l’accès à l’éducation pour
les filles a été sévèrement restreint, en particulier au-delà de la sixième année. Les
écoles secondaires et les universités sont désormais fermées aux filles dans de
nombreuses provinces du pays, privant une génération entière d’un avenir meilleur.
La fermeture des institutions éducatives pour les filles marque un retour à la politique
des talibans des années 1990, lorsqu’ils avaient imposé une interdiction presque totale
de l’éducation pour les femmes. Malgré quelques exceptions temporaires ou locales, le
message du régime est clair : l’éducation des filles est perçue comme une menace pour
leur contrôle social. - Les femmes dans le monde du travail : L’interdiction de la participation
économique
L’économie afghane, déjà en crise avant l’arrivée des talibans, a plongé dans une
récession sans précédent, avec des conséquences graves pour la population. Pour les
femmes, la situation est encore plus désastreuse, car elles sont en grande partie
exclues du marché du travail. Les talibans ont interdit aux femmes de travailler dans la
plupart des secteurs, sauf dans certains domaines spécifiques comme la santé, où leur
rôle est jugé indispensable pour soigner d’autres femmes.
Cette exclusion du monde du travail a non seulement aggravé la pauvreté, mais elle a
aussi privé les familles d’une source de revenu essentielle. De nombreuses veuves et
femmes chefs de famille, qui dépendent du travail pour survivre, se trouvent dans une
situation désespérée. - La participation politique et publique : Un effacement total
Sous le précédent gouvernement afghan, les femmes avaient progressivement
commencé à participer à la vie politique, devenant députées, ministres et juges. Mais
avec l’arrivée des talibans, toute forme de participation politique des femmes a été
abolie. Aucune femme ne fait partie du gouvernement taliban, et les militantes des
droits des femmes sont souvent persécutées ou contraintes de se cacher pour éviter
des représailles.
Les manifestations de femmes, bien que courageuses, sont sévèrement réprimées. Les
talibans, tout en affirmant que les femmes seront traitées conformément à la charia (loi
islamique), ont mis en place une interprétation extrême et rigide de cette loi, rendant
pratiquement impossible pour les femmes de jouer un rôle actif dans la société. - Les droits fondamentaux : Une oppression généralisée
La répression des droits des femmes en Afghanistan ne se limite pas à l’éducation et au
travail. Les restrictions vestimentaires, la liberté de mouvement, et l’interdiction de
voyager sans un tuteur masculin (mahram) sont autant de mesures qui renforcent
l’isolement des femmes. Le port obligatoire de la burqa dans certains endroits rappelle
les années 1990, lorsque les femmes étaient confinées à la maison et effacées de
l’espace public.
De nombreuses femmes se trouvent ainsi piégées dans leurs foyers, incapables de
participer à la vie sociale, culturelle et économique de leur pays. Les mariages forcés,
les violences domestiques et les persécutions augmentent, souvent sans possibilité
pour les femmes de se défendre ou de s’enfuir, car les mécanismes de protection des
droits humains sont démantelés. - La résistance et l’espoir : Des femmes déterminées à se battre
Malgré ces conditions tragiques, certaines femmes afghanes continuent de résister.
Elles organisent des manifestations, parfois à haut risque, réclament leurs droits sur les
réseaux sociaux, et tentent de sensibiliser la communauté internationale à leur sort.
Certaines ont fui le pays pour continuer à lutter depuis l’étranger, tandis que d’autres,
toujours sur place, cherchent des moyens clandestins de poursuivre leurs études ou de
travailler.
L’espoir persiste également grâce aux organisations internationales qui continuent de
faire pression sur le régime taliban pour qu’il respecte les droits fondamentaux des
femmes. Toutefois, ces efforts semblent, pour l’instant, avoir peu d’impact tangible sur
la politique des talibans.
Conclusion
Le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan a plongé les femmes dans un
cauchemar oppressant, les privant de leurs droits humains les plus élémentaires. Les
progrès durement gagnés au cours des deux dernières décennies ont été brutalement
anéantis, et les femmes se retrouvent de nouveau au cœur d’un système patriarcal
extrême qui cherche à les effacer de la société. Pourtant, la force et la résilience des
femmes afghanes montrent qu’elles ne sont pas prêtes à abandonner. La communauté
internationale doit rester mobilisée et continuer à soutenir ces femmes dans leur lutte
pour la dignité et la liberté.