Le phénomène du masculinisme prend aujourd’hui une place de plus en plus importante dans le quotidien des jeunes, notamment à travers les réseaux sociaux. Une récente consultation menée auprès de 2021 filles et garçons âgés entre 16 et 30 ans en Wallonie et à Bruxelles montre que 75 % des jeunes ont déjà entendu parler un peu ou souvent du « masculinisme », sans toujours comprendre vraiment ce que cela signifie.
Derrière certains discours présentés comme des conseils de développement personnel, de réussite ou de confiance en soi, se cache parfois une vision des relations entre hommes et femmes fondée sur la domination et le rejet de l’égalité. Ce qui inquiète particulièrement, c’est la manière progressive et discrète dont ces contenus apparaissent dans les fils TikTok, Instagram ou YouTube des adolescents.
La majorité des jeunes interrogés rejettent cependant clairement ces idées. Deux tiers estiment que ces discours sont contraires à leurs valeurs et peuvent avoir des conséquences négatives sur les relations humaines, le respect ou encore la manière de vivre ensemble. Cette réaction est rassurante et montre que notre jeunesse reste attachée à des principes d’égalité et de liberté.
Mais cette étude met aussi en évidence une zone plus floue. Certains jeunes considèrent que certains messages peuvent sembler attirants ou convaincants avant de devenir plus radicaux. Une petite minorité, soit 2,6 %, adhère totalement aux idées de ce courant viriliste, souvent sexiste. C’est précisément là que le rôle de l’éducation et du développement de l’esprit critique devient essentiel.
Les plateformes numériques ont également une responsabilité importante. Les algorithmes favorisent parfois la diffusion de contenus extrêmes parce qu’ils génèrent de l’attention et des réactions. Il est donc nécessaire d’encourager davantage de transparence et de vigilance afin de mieux protéger les jeunes utilisateurs.
Au-delà des chiffres, cette consultation rappelle surtout une réalité simple. Les réseaux sociaux influencent profondément la manière dont les jeunes construisent leur vision du monde et leurs relations avec les autres.
Lien vers l’article de presse : Masculinisme : trois quarts des jeunes francophones en ont entendu parler, deux tiers le rejettent, selon une consultation du Forum des jeunes : https://www.rtbf.be/article/masculinisme-trois-quarts-des-jeunes-francophones-en-ont-entendu-parler-deux-tiers-le-rejettent-11727683