Être libéral, c’est porter une conviction chevillée au corps : chaque individu doit être libre d’aimer qui il aime, de vivre pleinement ce qu’il est, sans que l’État, la société ou un quelconque tribunal idéologique ne viennent lui dicter sa conduite. Pour les Jeunes MR, la défense des droits LGBTQIA+ n’est pas une posture électorale. C’est un combat quotidien pour l’émancipation humaine, la dignité et le respect de chacun.
C’est pourquoi la récente publication d’Ecolo J Bruxelles mérite une réponse. Non pas parce que la critique politique nous dérange (elle est parfaitement légitime en démocratie), mais parce qu’Ecolo J a choisi la caricature et l’amalgame là où le débat s’imposait.
Suggérer que la présence d’un dispositif de sécurité autour d’un char libéral prouverait l’absence de sincérité de notre engagement pour les droits LGBTQIA+ est profondément malhonnête.
La sécurité d’un événement ne dit rien de la légitimité d’un combat. Nos actes, eux, parlent pour nous.
Trois éléments factuels semblent d’ailleurs soigneusement occultés par leur publication.
Premièrement, tous les chars présents en début de cortège étaient sécurisés par la police : les images diffusées correspondent précisément au moment où les forces de l’ordre étaient regroupées à cet endroit, tous partis confondus.
Deuxièmement, un tel dispositif n’aurait jamais été nécessaire si certains militants n’avaient pas cherché à intimider, insulter ou provoquer des participants d’autres formations politiques, allant parfois jusqu’à lancer des objets et des œufs.
Troisièmement, il ne s’agissait pas uniquement d’un char MR. Des organisations libérales belges et européennes défilaient ensemble, notamment Anders, Jong Liberalen, ALDE, le MR et les Jeunes MR. Pourquoi cette réalité disparaît-elle complètement du récit proposé par Ecolo J ?
Assumer le passé, sans le réécrire
Oui, en 2003 et en 2006, certains élus MR ont voté contre le mariage homosexuel ou l’adoption homoparentale. Nous ne cherchons pas à réécrire l’histoire. Les partis évoluent. Les sociétés aussi. Et c’est précisément le propre du libéralisme : refuser le dogmatisme, apprendre, progresser et faire avancer les droits individuels.
Regardons donc les faits. En 2017, sous un Premier ministre libéral, Charles Michel, la Belgique adopte la Loi Transgenre, supprimant les critères médicaux et psychiatriques abusifs imposés aux personnes transgenres. En 2023, nos députés votent également la pénalisation des « thérapies » de conversion, à l’unanimité. Ce ne sont pas des slogans. Ce sont des lois. Des protections concrètes. Des droits acquis.
À la Pride, l’inclusion ne devrait exclure personne
Chaque année, nous participons à la Brussels Pride parce que nous croyons profondément à ce combat. Et chaque année, nous constatons avec tristesse que certains tentent de transformer une marche pour l’inclusion en espace d’exclusion politique.
Vouloir exclure des personnes LGBTQIA+ d’une Pride parce qu’elles sont libérales est un non-sens.
La Pride appartient à toutes celles et ceux qui défendent la dignité humaine, pas à un camp idéologique particulier.
Face aux intimidations, notre réponse restera la même : nous continuerons à défiler, parce que nos actes parlent pour nous. Nous remercions également les policiers et agents de sécurité présents ce jour-là, qui ont permis à chacun de participer à la Pride dans le calme malgré les tensions provoquées par certains comportements agressifs.
Le concret contre la posture
Une partie de la gauche radicale semble avoir fait du happening permanent une véritable stratégie politique : slogans, mises en scène sur les réseaux sociaux et indignations performatives. De notre côté, nous préférons le droit robuste, les protections concrètes et les avancées législatives réelles.
À l’échelle européenne aussi, cet engagement existe. Hadja Lahbib, Commissaire européenne à l’Égalité, refuse d’ailleurs d’employer le mot « thérapies » sans guillemets lorsqu’il s’agit des pratiques de conversion : ce sont des violences psychologiques et physiques qui s’apparentent à de la torture. Et parce qu’elle refuse les effets d’annonce juridiquement intenables, elle agit concrètement pour renforcer la protection des victimes partout en Europe.
Une liberté d’exister, pas un « choix »
Un dernier mot sur les mots eux-mêmes. L’orientation sexuelle et l’identité de genre ne sont pas un choix. Ce sont des réalités profondes et intrinsèques de ce que nous sommes. Pour les libéraux, la liberté ne consiste pas à « choisir » qui l’on est : elle consiste à avoir le droit inaliénable de vivre cette réalité librement, d’être respecté par la société et protégé par des lois solides, sans devoir se cacher ni se justifier. C’est cela que nous défendons. Et c’est cela que nous continuerons à défendre.
Le combat pour la dignité LGBTQIA+ mérite mieux que des insultes, des doigts d’honneur et des caricatures politiques. Il mérite du respect, du débat, de la clarté et des avancées concrètes. Les Jeunes MR continueront à être des alliés de la communauté LGBTQIA+, et le libéralisme restera ce moteur des libertés individuelles, pleinement ancré dans son époque et résolument tourné vers l’avenir.
Cédric de Buf
Président national des Jeunes MR