Le système carcéral est régulièrement au cœur de l’actualité. Surpopulation, conditions de détention, financements des établissements ou encore débats sur certaines peines : autant de sujets qui interrogent et qui méritent une réflexion poussée sur la manière dont nous considérons la justice dans notre pays.
Au-delà de la privation de liberté et de la mise à l’écart des individus dangereux, la prison à d’autres objectifs : prévenir la récidive et favoriser la réinsertion. Dans tous les pays, trouver un équilibre entre ces différentes missions est un défi majeur et c’est également le cas pour la politique pénitentiaire belge.
Avant tout, quelques chiffres :
En Belgique, nous disposons de 39 établissements pénitentiaires, auxquels s’ajoutent les maisons de détention, les maisons de transition et un établissement de défense sociale, une sorte de mélange entre un régime pénitentiaire et un hôpital psychiatrique.
Tous ces établissements recensent 13 470 détenus pour 11 296 places disponibles. Soit un taux d’occupation d’environ 119%.
En janvier 2026, c’est près de 600 personnes qui dormaient sur un matelas au sol. Ce qui met en lumière la pression exercée sur les infrastructures pénitentiaires et les conditions de détention.
Cette réalité à des conséquences directes très concrètes : surcharge de travail pour le personnel, accès plus limité aux soins, aux formations et aux activités de réinsertion, sans parler des tensions que cela peut engendrer.
Le coût des prisons :
C’est le budget fédéral qui finance le fonctionnement des établissements pénitentiaires. Et ces dépenses couvrent la rémunération du personnel, la sécurité des établissements, les soins médicaux et psychologiques, l’alimentation des détenus et les formations et les activités de réinsertion. À cela s’ajoutent les frais liés à l’entretien, à la rénovation des infrastructures et à la construction de nouvelles prisons
Le coût et les frais d’incarcération s’élèvent à environ 200 euros par jour et par prisonnier, en fonction de l’établissement pénitentiaire, ce qui représente entre 712 et 900 millions d’euros chaque année.
Face à ces enjeux, le gouvernement a lancé un Masterplan prévoyant la création de nouvelles places de prisons, la modernisation des infrastructures existantes et des mesures temporaires pour réduire le nombre de détenus dormant au sol. En parallèle, certaines règles de surveillance électronique ont été adaptées afin de réserver les places de prisons aux profils les plus dangereux.
Ce que souhaitent les JeunesMR :
Pour les JeunesMR, l’objectif est de concilier trois impératifs : garantir la crédibilité de la justice, assurer la sécurité des citoyens et préparer la réinsertion des personnes condamnées.
Nous souhaitons faire de la prison un lieu de responsabilisation et préparer activement à la sortie et la réinsertion dans la société. Cela se traduit par un accès renforcé à la formation professionnelle, une conscientisation des détenus sur la gravité et les conséquences de leurs actes, davantage de possibilités de travailler en prison et un accompagnement vers l’emploi dès le début de la peine.
Concrètement et afin pallier ces problèmes et de faire de la place dans les prisons, les JeunesMR souhaitent :
- Une gestion optimisée des détenus étrangers.
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Encourager les peines alternatives telles que le bracelet électronique et les peines d’intérêt général.
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Insister sur l’encadrement des prisonniers, pouvoir les préparer et les former dès le premier jour passé en prison.
- Plaider pour la création d’établissements pénitentiaires ouverts afin de lutter contre la surpopulation.

Raphaël Heymbeeck
Vice-délégué Justice, Intérieur, Sécurité, Défense et Protection des libertés individuelles