Accord UE – USA : les Jeunes MR dénoncent un compromis entre naïveté stratégique et dépendance assumée
Les Jeunes MR réaffirment leur attachement au libre-échange, moteur historique de prospérité, d’innovation et de coopération entre les nations. Mais cet engagement ne saurait justifier une naïveté stratégique, ni une acceptation passive d’accords déséquilibrés.
L’accord récemment conclu entre l’Union européenne et les États-Unis sur les droits de douane constitue un dangereux précédent. Il prévoit la suppression quasi totale des barrières douanières pour les produits américains entrant en Europe, alors que de nombreux produits européens resteront taxés jusqu’à 15 % à l’entrée sur le marché américain. Ce déséquilibre fragilise nos entreprises, pénalise notre compétitivité et mine la confiance des citoyens dans la capacité de l’Union à défendre ses intérêts économiques.
À cela s’ajoute une autre concession majeure : l’engagement européen à acheter massivement du gaz et du pétrole américains, au détriment d’une véritable diversification énergétique. Ce choix peut sembler pragmatique au regard de la rupture nécessaire avec les hydrocarbures russes, mais il renforce une nouvelle forme de dépendance envers un partenaire aussi imprévisible que Donald Trump, qui continue d’imposer ses règles par le chantage commercial.
L’Europe ne peut pas rester à la merci de stratégies unilatérales dictées par des intérêts purement américains. Comme l’a justement résumé Éric Lombard, Ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique : « Les États-Unis sont devenus des prédateurs économiques. » Il ajoute lucidement que nous sommes face à « un mauvais accord, mais la moins mauvaise des solutions. »
Par ailleurs, nous alertons sur l’illusion d’une défense européenne crédible si elle repose quasi exclusivement sur l’acquisition d’armement américain. Une telle orientation remet en cause toute ambition d’autonomie stratégique européenne, en nous rendant militairement et économiquement dépendants d’un seul allié, aux choix politiques volatils.
Cet accord commercial est symptomatique d’un déséquilibre plus large : le déficit de puissance collective européenne, de vision stratégique et de volontarisme industriel. Au moment où l’Europe doit investir massivement dans sa propre transition technologique, énergétique et industrielle, s’engager à injecter 600 milliards d’euros d’investissements aux États-Unis, comme le prévoit cet accord, paraît incompréhensible.
Nous refusons une Europe qui subit.
Nous voulons une Europe qui choisit, qui négocie d’égal à égal, qui protège ses producteurs, ses travailleurs et ses citoyens sans renier ses principes.
Le libre-échange, oui — mais pas à n’importe quel prix.