Une fois de plus un système non viable se retrouve confronté aux réalités budgétaire.
Dans une récente interview, Alain Verheulpen, Directeur Général de la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale, regrettait le « faible » montant de la rallonge de 400 millions que le gouvernement bruxellois lui accordait en contexte d’austérité. Cette réaction illustre la dépendance maladive d’un modèle à l’intervention financière des services publics.
Si le logement public est indispensable pour protéger les plus vulnérables, on peut néanmoins s’interroger de la capacité à survivre d’une organisation qui demande toujours plus de moyens sans remettre en question sa façon de fonctionner. La SLRB, qui doit gérer 16 Sociétés Immobilières du Service Publique pour la seule Région Bruxelloise, alors que Paris n’a besoin que d’une seule structure pour gérer son parc social, s’est enfermé dans une fuite en avant de construction permanente pour répondre à une demande croissante selon des critères qu’elle a elle-même fixé.
Ainsi, cette manne budgétaire leur permettra de compléter les travaux déjà engagés durant la dispendieuse mandature précédente, alors que la SLRB est déjà endettée vis-à-vis du gouvernement bruxellois à hauteur de plus de 130 millions d’euros. Malheureusement, du point de vue de Mr Verheulpen, cela ne leur permettra pas de répondre à l’augmentation du nombre de demandeurs de logement sociaux, dont certains isolés touchent plus de 2400 euros nets par mois.
Ainsi, la SLRB, en ayant des critères larges, augmente artificiellement le nombre de potentiels demandeurs. Cela entraine l’obligation d’élargir son parc et donc ses besoins financiers. Les rallonges du gouvernement, dans une prophétie autoréalisatrice, ne seront donc jamais suffisants.
Dans un contexte où chaque euro public doit être utilisé avec rigueur, cette crise pose une question fondamentale : jusqu’où le contribuable pourra-t-il compenser les insuffisances d’un modèle qui peine à atteindre ses objectifs malgré des investissements colossaux ? Plus qu’un simple problème de financement, c’est bien la viabilité même du système actuel qui est remise en cause.