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Permis de conduire à Bruxelles, un parcours encore trop compliqué !

À Bruxelles, obtenir son permis de conduire s’avère encore souvent relever du parcours d’obstacles.  Pourtant, les difficultés rencontrées par les candidats ne sont pas nouvelles. En effet, un audit commandé par Bruxelles Mobilité et remis en 2023 avait déjà identifié plusieurs faiblesses dans le fonctionnement des centres d’examen. Trois ans plus tard, une partie importante de ces problèmes reste d’actualité.

La difficulté la plus visible concerne la prise de rendez-vous pour l’examen pratique. Contrairement à ce qui se fait en Flandre ou en Wallonie, les candidats bruxellois doivent encore, dans de nombreux cas, se rendre physiquement dans l’un des deux centres d’examen, à Anderlecht ou Schaerbeek, simplement pour tenter d’obtenir une date de rendez-vous. Des témoignages (récents et anciens) font état de files dès l’aube, de plusieurs heures d’attente et de candidats repartant parfois sans rendez-vous. La situation est d’autant plus difficile à comprendre qu’un tel déplacement peut obliger un travailleur à prendre congé uniquement pour effectuer une démarche administrative.

À cela s’ajoute un manque chronique d’examinateurs. L’audit mettait déjà en évidence le lien direct entre cette pénurie et l’allongement des délais d’attente, alors estimés entre six et huit semaines. En 2026, plusieurs questions parlementaires ont encore pointé les difficultés de recrutement et de formation des examinateurs. 

La gouvernance du système pose également question. Les deux centres sont exploités par des organismes privés chargés d’une mission de service public, tandis que Bruxelles Mobilité fixe certaines règles et contrôle le bon déroulement des examens. Mais la Région dispose de moyens limités pour intervenir dans leur gestion quotidienne. En 2023, la cellule chargée du contrôle des centres ne comptait que deux inspecteurs, également responsables du suivi de nombreuses auto-écoles. Or, lorsqu’un centre modifie ses pratiques de manière unilatérale, la Région ne possède que la concertation comme levier.

Ces dysfonctionnements ont des conséquences très concrètes. Pour le candidat, cette organisation se traduit par un manque de lisibilité des procédures à suivre. Or, pour de nombreux jeunes, le permis constitue encore un atout important pour accéder à certains emplois, notamment lorsque les horaires ou les déplacements sont difficilement compatibles avec les transports publics. Lorsque les délais s’allongent, certains candidats risquent également de voir leur permis provisoire arriver à expiration, avec à la clé de nouvelles démarches et des frais supplémentaires, dans un contexte où les auto-écoles coûtent déjà très cher.

Néanmoins, des évolutions sont annoncées, puisque Bruxelles Mobilité travaille au développement de Brudrive, une plateforme numérique qui doit notamment permettre la réservation et le paiement en ligne. Sa mise en service est annoncée au plus tard pour le 1er janvier 2027. Cette évolution devrait permettre de supprimer une partie des déplacements inutiles et de moderniser une procédure dont le caractère dépassé est aujourd’hui largement reconnu.

Mais la digitalisation ne réglera pas tout. Une modernisation durable du permis de conduire à Bruxelles suppose aussi d’augmenter le nombre d’examinateurs, d’harmoniser les procédures entre les deux centres, d’améliorer le contrôle de la qualité du service et de donner aux candidats une information claire et centralisée.

Par conséquent, la mise en place de Brudrive constitue une première étape, mais elle devra s’accompagner d’une réforme plus large du fonctionnement des centres afin de rendre le parcours du permis plus prévisible et plus accessible.

Arthur Watillon

Délégué Développement durable, Environnement, Bien-être animal, Energie, Mobilité et Logement

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